Yoga chemin d enstase : Humains, société, tradition et Dharma

Troisième partie :

Il aurait fallu que ce soit dit d’une façon objective, pas dire « mon expérience ». Et si je commence à dire « mon expérience », il faut que j’aille tout au bout de « mon expérience », je ne peux pas rester au milieu. 1


Je suis banni !

Je me suis fait bannir !

Les gens de mon village, de mon clan, de ma tradition m’ont banni !!! …

et mon vieux maître Eclair Cramh n’a pas bougé le petit doigt pour me défendre. Il est vrai que lui aussi est toujours sur un fil, à deux doigts d’être banni à son tour, ou inversement, plus dangereux encore peut-être, d’être adulé ! Pourtant je sais que ce n’est pas la couardise qui l’a empêché de me défendre. Je me souviens maintenant l’avoir vu plaider en ma faveur il y a quelques années dans ce rassemblement chamanique. J’avais alors comme à mon habitude laissé libre cours à la vie en moi lors d’un rituel très codifié dans lequel je commençais à m’ennuyer ferme. Mon chant avait alors enflé, démesurément, jusqu’à sortir des rails bien tracés de la partition. Mon chant se baladait maintenant çà-et-là, et m’emportait avec lui. J’ai cru un instant qu’il était le parfait contrepoint à la longue litanie psalmodiée par tous. Les regards de désapprobation tout autant que les coups de coudes m’avaient bien vite sorti de ma croyance. Le soir-même dans le grand tipi, alors que les critiques pleuvaient, Eclair Cramh, me défendant, n’avait pas hésité à tenir tête aux plus rigides qui étaient aussi les plus élevés dans la hiérarchie.

Il en fût tout autrement lors de l’incident qui conduisit à mon exclusion du village. J’en suis certain maintenant, si Eclair n’avait pas bronché cette fois, c’est que cela faisait parti d’un plan à lui… ou plus sûrement encore, d’un plan de l’univers auquel il apportait toute son approbation.

Toujours est-il que à peine à 17 ans, je viens de faire mon baluchon et ai quitté tous les miens. Après avoir fait mes adieux à Oiran Dōchū (tout en sachant que nous nous retrouverions bientôt pour nous aimer), mon dernier regard a été pour Eclair Cramh. Il était plus vieux que jamais, cependant avec l’œil si vif et si plein d’amour, qu’il m’accompagne maintenant et à jamais.

Maintenant c’est à moi de tracer ma vie, ma voie.

Ce que les Âgama nous offrent de plus profond et de plus original relativement à l’expérience mystique, se trouve condensé dans le Vijńânabhairava. Celui-ci, distinguant nettement rituel et mystique, ne cache pas son mépris pour le premier qui convient aux dévotes, aux enfants, à tous ceux qui attendent aussi bien la satisfaction de leurs désirs durant leur vie que les jouissances célestes après leur mort, et il s’attache à la seconde, expérience personnelle intime réservée à qui veut s’identifier à Shiva. Dans cet esprit, il laisse de côté rite et théologie, et se contente d’exposer de façon concise les états mystiques ainsi que les pratiques ou les circonstances qui en favorisent l’apparition.2

3.a) Humains, société, tradition et Dharma

Je croyais que ce nouveau chapitre (de ma vie) allait être celui de ma réalisation, le temps des réponses…

Avec cette nouvelle vie, loin du village, loin des sentiers battus, je pouvais ressentir une sorte d’euphorie car d’un côté tout devenait possible, et n’étais-je pas le fils spirituel d’Eclair Cramh ?

Le Yoga comme le Chamanisme ne sont-ils pas des voies qui s’adressent à l’homme dans le monde ?

Tout est possible oui, mais tout est plus compliqué que je ne le pensais au préalable.
Tout m’apparaît de plus en plus complexe : la ville, le monde, les enjeux géopolitiques, ma place dans la société, mon envie de participer au monde, mon besoin de gagner ma vie, la nécessité pour moi d’un sens à tout cela, d’une évolution personnelle…

Je sais maintenant que le temps des certitudes est derrière moi, et je laisse là ma vision simpliste et manichéenne de l’adolescent que j’ai été.

Il me faut maintenant appréhender la complexité et la luxuriance des formes et des états de la vie au grand jour.

Avec la fin des certitudes, vient le temps des doutes et des questionnements.

Ce n’est pas facile ! Certaines nuits, je suis déchiré, submergé par l’effondrement, comme devant une montagne de difficultés au pied duquel je reste figé, pantois.

Je n’ai nulle part où aller, nul objectif que je suis capable de tenir dans la durée, aucune hiérarchie dans mes priorités, tout ballotté que je suis entre les urgences du monde et mes pulsions intérieures.

Malgré mes choix, mes actes, ma fougueuse jeunesse et tout l’enseignement du vieux Chaman, je ne me sens pas vraiment préparé à cela.

Pourtant j’ai décidé de faire de ma vie ma voie, de mes errances des circumambulations, de mon exil un pèlerinage, de mes pas des offrandes, …

Ce choix, cet engagement, ne soulage pas directement mes maux et mes tourments, mais cela change tout ; car cela donne au moins un sens, une direction.

Oui il y a de l’obscurité, mais il y a aussi l’étoile polaire pour me diriger, chercheur de l’Essentiel, chercheur de lumière que je suis.

Alors, Je ne peux qu’avancer.

Alors je me réfère :

Parmi des milliers d’hommes, un seul çà-et-là s’efforce vers la perfection, et parmi ceux qui s’efforcent vers la perfection et l’atteignent, un seul çà-et-là Me connaît dans tous les principes de Mon existence3

Ma Sâdhana n’est pas une bizarrerie ou une monstruosité, ni un miracle accompli en dehors des lois de la Nature, des conditions de vie et de conscience sur la terre. Si j’ai pu ces choses, ou si elles ont pu se produire dans mon Yoga, cela signifie qu’elles peuvent être faites et que par conséquent ces développements et ces transformations sont possibles dans la conscience terrestre 4

Les traces de pas de ceux qui m’ont précédé si loin devant, me donnent force, courage, et peut- être aussi impétuosité !

Je crois qu’ils ont eu peur de moi au village. Peur du nouveau, de la spontanéité et de la vie dont je suis porteur.

Ma tradition court un grand danger.

Cette tradition chamanique est belle ! C’est un chef d’œuvre de l’humanité, une œuvre d’art qui transcende les générations et le quotidien pour diffuser l’essence. Elle est si juste, simple, magique, puissante ! Elle est tant en lien avec le monde qui l’entoure et dont elle est issue, et où elle s’harmonise parfaitement. Le fruit de la réflexion, de la recherche, de la vie, de l’expérimentation de générations et de générations d’êtres humains. De ces hommes et femmes qui nous ont précédés, tous si beaux, intègres et investis dans leur propre évolution et dans le partage du fruit de leurs recherches, dans le don à leur frères et sœurs, à leurs descendants…

Hommage à la tradition et aux ancêtres sans qui je ne suis rien, qui m’ont tout transmis !

Je suis, moi aussi, un nain assis sur des épaules de géants. Si je vois plus de choses et plus lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de ma vue, ni de ma grandeur, c’est parce que suis élevé par eux.5

Cependant, ma tradition court un grand danger.

Elle risque de s’étouffer elle-même en se refermant, en tournant en rond, en se figeant, en devenant de la poudre au yeux, de vieux contes, des règles que plus personne ne comprend, des rites répétés sans âme, des jeux de pouvoirs, que dis-je, des abus de pouvoir ! Déjà le ver est dans le fruit. Déjà je vois à l’œuvre le principe de mort de toute chose. Ce qui a grandi, culminé, illuminé, rayonné, déjà, accéléré par l’intégrisme ou l’aveuglement de certains, commence de décroître, de se ratatiner. Comme tout ; comme un arbre, comme un Homme, comme une civilisation. Et c’est comme si j’entendais mon vieux maître rire à gorge déployée à la marge du village s’écriant encore « Thank you Shiva »6

« Shiva parle : Moi qui suis l’âme du Yoga, par le pouvoir magique du Yoga, je prendrai la forme d’un ascète et inspirerai la crainte parmi les hommes. J’entrerai dans le corps d’un mort abandonné dans un cimetière… et je vivrai sous le nom de Lakulisha (L’Homme à la massue). Le lieu de cette incarnation deviendra un lieu sacré… Là naîtront mes enfants, les ascètes Kushika, Garga, Mitra et Kau rushya. Adorateurs du phallus, leurs corps enduits de cendres, ils pratiqueront les rites de Pashupâta (l’amitié des bêtes). Ayant réalisé le Mahéshvara Yoga, ils partiront pour le ciel de Rudra duquel il n’est point de retour » (Linga Purâna, I, chap,24, 126-136)7

Alors me rejette la majorité silencieuse qui se raccroche aux habitudes rassurantes, et qui a oublié que la tradition doit changer, et toujours s’adapter, se réinventer pour être vivante.

Alors me rejettent ceux qui ont voulu kidnapper la pure folie du Chaman pour tenter de la museler, de la policer, de la domestiquer, pour en faire un toutou à leurs ordres, à leurs bénéfices… parce qu’ils sont dans la peur.

Impossible !

J’en suis la preuve vivante moi ; ils n’ont pas réussi à me dresser selon le modèle de leurs propres renoncements ces « petits hommes »8. Eclair m’en aura mis à l’abri.

Et c’est moi qui me rit d’eux maintenant, quand ils croient m’avoir banni, en me voyant courir libre au loin.

Où sont ils les Français en 1944 ? A Vichy ou à Londres ?

Où sont ils les Communistes en 1937 ? Au Kremlin ou au Goulag ?

Où sont ils les catholiques au XIVième siècle ? Dans l’ordre du clergé inquisiteur ou sous leur joug ?

Et déjà, à peine libéré, c’est moi qui court maintenant un grand danger !

Celui où me projette l’ego spirituel. Celui qui me fait croire que je sais mieux que les autres, que je suis plus noble que ceux qui sont restés ou que j’en sais plus que toute la tradition.

Infantile prétention infinie que de penser que celui qui est tombé de la dernière pluie a tout compris, devant tous les autres, s’attribuant toujours le beau rôle !

Dans la tradition du Bwiti, même le novice, quand il a mangé le « Bois Sacré 9», peut être porteur d’une grande sagesse ! On lui conduit alors les gens du village à qui il peut porter conseils et soins. Mais alors qu’il est tout occupé à prodiguer ces merveilles, un léger changement se produit immanquablement. Il commence à croire que c’est lui qui a le pouvoir. Il commence à croire que c’est lui qui sait. C’est un changement si imperceptible et sournois au début que lui ne peut pas le ressentir. Ce ne sont plus les esprits des guides spirituels, ou la plante maîtresse, ou la petite voix qui a réponse à tout, qui raisonnent dans sa tête et qui parlent par sa bouche, et qui agissent par ses mains… c’est son ego, et son mental, qui, imitant la véritable sagesse, veulent prendre les rênes 10.

Alors survient le salvateur « Va te rasseoir, tu n’es pas prêt pour prendre la place du Nganga11»

Et même si mon ressenti, mes tripes, mes méditations et mes visions me disent et m’enseignent, où est-il celui qui m’ordonnera de me rasseoir quand l’intellect et l’ego auront pris l’apparence de la véritable inspiration ? Où est-il maintenant cet Eclair Cramh qui savait me conseiller, m’apprendre et me guider, et qui savait aussi me remettre à ma place d’un tonitruant « Assieds-toi ! On en reparlera dans dix ans » quand je me laissai emporter.

Et c’est moi qui court maintenant un grand danger !

J’ai reçu énormément de la tradition.

Puis je me suis libéré des abus possibles que certains commettent en son nom.

J’ai découvert ma puissance et ma reliance directe.

Mais maintenant seul, comment vais-je ne pas tomber dans le piège suivant qui consiste à croire avoir la science infuse, ou être un élu ?

Comment ?

Où est la juste voie ? Où est le véritable Dharma ? (Qui est tant sujet à interprétation personnelle).

En Inde, nombreux sont ceux qui se sont appuyés sur leur vision du Dharma, pour justifier les castes et la position des intouchables. Gandhi, s’y est opposé lui, en faisant aussi référence à sa vision renouvelée du Dharma quand il dit par exemple : « Je crois dans le varnashrama dharma dans ce sens que je crois être strictement védique, mais non dans le sens populaire et grossier12 »

Alors je cherche…

Lorsque, selon l’évolution des cycles, l’orgueil de l’homme se dresse contre son instinct, c’est-à-dire que des constructions mentales artificielles s’opposent à la perception du monde subtil et que se développe sur le plan matériel la grandeur néfaste de l’espèce humaine, instrument potentiel de la destruction et de la mort du monde terrestre, Shiva, le Principe qui est la source de la vie, apparaît et enseigne aux hommes les trois voies de la connaissance et de la réalisation qui sont le Sânkhya (la cosmologie), le Yoga (la maîtrise de l’homme subtil) et le Tantra (rites et pratiques initiatiques magiques). Le Sânkhya explique la structure du monde et le système de la création, le parallélisme et l’interdépendance des différents aspects de la matière, de la vie, des espèces, l’unité fondamentale du macrocosme et du microcosme, de l’univers et de l’être vivant. Le Sânkhya shivaïte est l’ancien Sânkhya, beaucoup plus vaste que le système qui porte le même nom dans la philosophie hindoue classique. Le Yoga est la technique par laquelle, au moyen de l’introspection, l’homme apprend à se connaître lui-même, à réduire au silence les divagations de sa pensée, à dépasser les limites de ses sens, à remonter aux sources profondes de la vie et à prendre contact avec les forces invisibles qui se dissimulent en lui comme dans tous les aspects du créé, et qui constituent la nature profonde de l’être vivant. Le corps, y compris ses facultés mentales et intellectuelles, n’en est que le support, une sorte de revêtement. Le Tantra est le lien entre le Sânkhya et le Yoga. Il enseigne les méthodes initiatiques et magiques par lesquelles l’homme peut entrer en contact direct avec la nature secrète des choses, avec l’invisible, avec le monde mystérieux des esprits et des dieux. Parmi ces méthodes, l’ivresse, l’érotisme, la musique et la danse extatique constituent des moyens faciles pour secouer l’empire du mental, du « rationnel », pour sortir de soi-même et dépasser les barrières de la volonté consciente permettant une première perception directe des forces subtiles qui nous entourent.

Les techniques des jeux de l’amour et la vénération du principe de la vie vont permettre aux hommes de réaliser la nature véritable du plaisir, de percevoir dans l’être vivant un état de tension qui est le principe même de la création, la nature de l’être divin. L’acte d’amour peut donc être utilisé comme moyen de perfectionnement et de connaissance subtile, de retour au principe, de contact direct avec Dieu.

L’ivresse physique, due au vin ou autres produits intoxicants, peut également faciliter et préparer l’ivresse mystique en libérant momentanément l’homme de ses inhibitions, de ses préoccupations matérielles, de ses attachements, de ses liens.

Ce que le Dionysisme appelait orgiasme correspond très exactement au Tantra. Par le pouvoir de l’initiation, l’homme pourra prendre pleinement conscience et maîtriser la réalité de ce qu’il a perçu intuitivement dans l’orgiasme. C’est ce qui constitue l’illumination. L’homme doit donc d’abord, à travers l’orgiasme, ressentir la réalité de certaines forces en lui-même et en dehors de lui-même, et seulement alors peut-il en saisir les principes, comprendre la nature du monde et du divin.13

Alors ma recherche me conduit ça et là, partout, nulle part…

Dans les bras d’une femme, ou d’une autre par exemple.

Et déjà le « petit homme » en Ramalec tente de prendre le dessus. Ce qui eut pu être « voie », devient simple débauche de plaisir, auto-justifiée, dans une nouvelle usurpation.

Ce contentement personnel ou un autre, me lasse avant que de m’avoir rassasié.

Cela aurait été terrible que je trouve la satiété dans les plaisirs, les possessions, les honneurs, ou la simple pratique… D’un côté je me réjouis qu’il n’en soit rien. Mais d’autant plus terribles sont la soif et la faim d’un absolu qui me dépasse de loin.

Et si au-delà de mon plaisir, et si au-delà de l’atteinte de mes objectifs, et si au-delà de mon propre accomplissement sous quelque forme que ce soit, si au-delà du bonhomme, au-delà du bon fils, du bon père, du bon amant, du bon Yogi, du bon Chaman… Et si…

Sachant que l’idée même de développement personnel et la pratique individuelle risquent de m’entraîner dans les illusions de l’autosatisfaction, du nombrilisme et de l’égocentrisme, je cherche encore.

Dieu ne se laisse attirer ni par les rituels, ni par la dévotion, ni par la foi en sa « grâce » ; mais son « essence » collabore instinctivement pour ainsi dire avec le Soi qui veut s’affranchir par le Yoga.14

Alors, parmi d’autres possibles, une lumière, avec un éclat particulièrement resplendissant.

Si, comme tant d’autres avant moi, j’ouvrais la porte de la « dévotion », j’ouvrais la porte du cœur à un amour au-delà des plaisirs galants, au-delà de l’amour que je porte à Oiran Dōchū, au-delà de l’amour humain. Si j’offrais mon temps, mon énergie, mes pratiques, autant que ma vie quotidienne à autre chose que moi même.

Si des exercices préparatoires sont indispensables dans la voie inférieure, il suffit, dans la voie de l’énergie, d’une orientation entièrement nouvelle de la conscience pour que la transmutation d’un acte quelconque devienne soudain un moyen d’accès à la Réalité. Nous verrons que la stimulation de l’énergie et l’accroissement de la puissance du cœur jouent un rôle primordial au moment de l’éveil de la Conscience. Mais un acte, aussi intense et exceptionnel soit-il n’unit l’homme à son origine que si ce dernier est abandonné à une contemplation ininterrompue et demeure vigilant et apaisé ; ou à défaut – sur la voie de Shiva – si l’amour divin atteint en lui une telle acuité qu’il l’entraîne au-delà de lui-même. 15

L’idée d’être utile à l’humanité est la vieille confusion due à des idées de seconde main importées d’Occident. Évidement pour être « Utile » à l’humanité il n’y a pas besoin de Yoga ; tous ceux qui vivent une vie humaine sont utiles à l’humanité d’une façon ou d’une autre.

Le Yoga est dirigé vers Dieu et non vers l’homme. Si l’on peut faire descendre et établir dans le monde matériel une conscience et un pouvoir supramentaux divins, cela signifiera évidement un immense changement pour la terre, y compris l’humanité et sa vie. Mais l’effet sur l’humanité ne sera qu’un résultat du changement ; il ne peut être le but de la Sâdhanâ. La Sâdhana ne peut avoir pour but que de vivre dans la conscience divine et la manifester dans la vie.16

J’ose espérer que ce n’est pas une nouvelle forme plus subtile de l’égo spirituel qui me pousse à poser comme première pierre à mon édifice la cinquième et dernière observance des Niyama : Ishvari Pari Dhana : l’abandon à quelque chose de plus grand que moi-même.

Le Chamanisme m’avait bien préparé lui aussi. Sous ses diverses formes si souvent transpersonnelles, il a mis au cœur de mon chemin la transcendance. Il m’a appris à ne plus être le seul centre et le seul objectif de ma vie. J’ai souvent parcouru de ces contrées où je perdais toute importance, toute suffisance, toute consistance, pour me fondre dans le grand tout…

Mes rencontres avec François d’Assise17 m’avaient quant à elles amené à poser un nouveau regard sur la grâce à faire vœu d’obédience, et à renoncer ainsi à ses propres choix, sa propre vie, sa propre importance, pour s’en remettre encore et toujours à plus grand que soi.

Alors aujourd’hui ma recherche m’amène donc à regarder du côté de l’abandon à la dévotion-Bhakti.

Quelle est belle la théorie. Qu’il est doux le rêve et plein d’allégresse le temps euphorique de la décision.

Et qu’il est grand le pas à faire jusqu’à l’application, la réalisation !

Le phare au loin me fait signe alors que je me débats en pleine tempête.

Reste donc à trouver comment réaliser cette belle idée, que ce soit dans ma pratique, comme dans mon quotidien !

1L’Agenda de Mère, Tome 4. 1963. Institut de recherches évolutives. p304

2Le Vijńâna Bhairava. Texte traduit et commenté par Lilian Silburn. Collège de France. Institut de civilisation Indienne. P 10.

3La Bhagavad-Gîtâ 7.I.3. – présenté par Shrî Aurobindo. Albin Michel. Spiritualités vivantes. P142

4La pratique du Yoga intégral. Shrî Aurobindo. I.D.44 p81. Spiritualités vivantes. Albin Michel

5Plus qu’inspiré par Bernard de Chartres à qui on attribue cette méthaphore

6Pour ne pas dire « Thank You Satan » comme Léo Ferré

7Shiva et Dionysos. Alain Daniélou. Fayard. P 132

8Serait ce le même ton désabusé et cynique que l’on retrouve dans « Ecoute petit homme » de Wilhelm Reich ?

9 L’Iboga (Tabernanthe iboga) consommé de façon rituel

10 ou les « reines » : cf complexe d’œdipe.

11 Chaman de la tradition Bwiti au Gabon

12« Ma non-violence », Gandhi – Stock, « collection Lutter », 1973

13 Shiva et Dionysos. Alain Daniélou. Fayard. P 176-177

14 Patańjali et le Yoga. Mircea Elidae. Sagesses. Points. p74

15 Le Vijńâna Bhairava. Texte traduit et commenté par Lilian Silburn. Collège de France. Institut de civilisation Indienne. P 25-26.

16 La pratique du Yoga intégral. Shrî Aurobindo. p66. Spiritualités vivantes. Albin Michel

17 Merci au chorégraphe, Yogi, maître et ami Santiago Sempere qui m’a permis de danser avec lui « François et Léon » et « François et la forêt » (entre autres bonheurs)


Ce Chapitre est extrait du livre:
CHAMANISME, chemin d’extase.
YOGA, chemin d’enstase

Informations sur l’auteur :
Eric Marchal

* Chamanisme : les-forges-de-sylva.info
* Yoga : www.yoga-lyon.info
* Tantra :  www.savitur-tantra.fr
* www.eric-marchal.com

Informations sur la maison d’édition :
* www.sirr-athanor.com

Editions Sirr-Athanor
Collection « Collection Ichor : Spiritualités »
Auteur: Eric Marchal
Parution : mai 2016
Pages : 326 pages
Format : 16.5 x 23 cm
ISBN : 978-2-9557176-0-8

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